La peinture utilisée à l'école est en général de la gouache, en pastilles ou en tubes. C'est une peinture à l'eau opaque (à ne pas confondre avec l'aquarelle qui est une peinture à l'eau transparente).
Une peinture à la gouache peut être retouchée autant que l'on veut, il suffit d'y remettre de l'eau. Elle permet aussi de faire des couleurs denses, plus facilement qu'à l'aquarelle. C'est donc une bonne solution pour démarrer en peinture !

Nous allons voir ensemble les principales étapes de la peinture de l'oiseau ci-contre, le Pouillot véloce, qui a donné son nom à notre héros, Pouyo.

Attention, il est conseillé d'avoir vu la leçon LE CROQUIS avant d'attaquer celle-ci.







étape 1 : la première esquisse
En peinture à l'eau, il faut dessiner sur du papier épais pour ne pas qu'il gondole (ou même se perce !). L'épaisseur du papier est indiquée sur la pochette, par sa masse au mètre carré. Du papier pour peinture à l'eau pèse 300 grammes par mètre carré.
En appliquant la leçon du croquis, j'ai dessiné la silhouette du pouillot avec la méthode des patates : une pour la tête et l'autre pour le corps, en faisant bien attention à leur taille. Cette étape est la plus importante pour faire un oiseau ressemblant, alors soyons attentifs !
Bec, queue, contour de l'aile, pattes, tout y est ! J'ai déjà représenté discrètement les branches où il se perche. Rappelons qu'il ne faut pas appuyer sur son crayon, ce qui permet de répéter plusieurs fois le même trait jusqu'à ce qu'on soit content du résultat. Cela se voit très bien ci-contre au niveau du ventre de l'oiseau.


étape 2 : l'esquisse détaillée
Sans faire trop de détails (n'oublions pas que l'on va peindre par dessus !), je fais apparaître l'œil, la base du bec, les limites des changements de couleur (comme le trait clair au dessus de l'œil, qu'on appelle "sourcil") et les plumes de l'aile. C'est le plus difficile ! Les grandes plumes de vol, ou rémiges, sont repliées comme un éventail et font des longs traits parallèles.
J'ai un peu précisé aussi la végétation, en allant chercher mes modèles dans des livres ou sur Internet. Ici c'est un fusain d'Europe.
J'ai également modifié la position de sa patte gauche (à droite sur le dessin) car la première version ne faisait pas naturel. Voilà pourquoi il ne faut pas appuyer sur le crayon : c'est plus facile de gommer sans laisser de traces.



étape 3 : l'arrière plan
Nous pouvons attaquer la peinture ! La règle est de commencer par les couleurs les plus diluées et finir par les couleurs les plus denses. L'arrière plan est ce qu'il y a derrière l'oiseau (le "décor"). Nous allons le faire en couleurs diluées pour que l'oiseau ressorte bien dessus. Pour cela, on utilise beaucoup d'eau : trempe un gros pinceau (car on n'a pas besoin de faire de détails) dans une coupelle ou un petit verre d'eau, égoutte-le un peu et passe-le sans trop insister sur la pastille de peinture. Si tu as de la peinture en tube, il te faut une petite palette en plastique ou céramique où tu auras déposé une noisette de peinture. Avec du bleu, du vert et du jaune, tu peux peindre le ciel, les arbres et la prairie. Il ne faut pas hésiter à étaler, en trempant régulièrement le pinceau dans l'eau et en rajoutant de le peinture, toujours par petites doses. Si tu ne laisses pas sécher entre deux couleurs, elles vont se mélanger un peu. Cela peut faire de jolis effets, mais si tu préfères que les couleurs ne se mélangent pas, attend quelques minutes avant de passer à une nouvelle couleur.


étape 4 : la sous-couche
La sous-couche n'est pas obligatoire, mais elle est pratique pour s'entraîner à créer les couleurs de l'oiseau. En effet, on n'a pas toujours la pastille ou le tube de la couleur exacte que l'on cherche, alors il faut faire des mélanges. Le mélange de peinture se fait sur la palette. Pour la sous-couche, tu peux mouiller ton pinceau autant que pour l'arrière plan. Tu le passes ensuite dans chaque couleur (sur la pastille ou dans la noisette déposée avec le tube) et tu mélanges sur la palette. C'est un peu comme faire une recette de cuisine, et c'est tout aussi délicat ! Ici, j'ai pris du vert, du marron, du jaune et du blanc. Je les ai mélangés différemment suivant les parties du corps du pouillot : beaucoup de blanc pour le ventre, plus de marron pour la joue, plus de vert pour l'aile, etc.



étape 4 : les détails
Nous attaquons maintenant les couleurs denses. Pour cela, ton pinceau doit être moins humide. Il faut le mouiller juste assez pour qu'il glisse sur le papier. S'il est trop humide, tu n'arriveras pas à faire des couleurs denses ; s'il est trop sec, il va mal glisser et laisser des "blancs" sur la feuille. Tu verras, c'est un coup à prendre.
De plus il faut travailler avec un pinceau fin. Quand la taille du pinceau est indiquée, c'est un chiffre qui est de plus en plus petit pour un pinceau de plus en plus fin. Pour des détails comme ceux de ce pouillot (qui fait une douzaine de cm de long), j'ai travaillé au pinceau de taille "zéro" (ce n'est pas le plus fin ! Il y a ensuite 2/0, 3/0, etc...). Si la taille n'est pas indiquée, c'est simple : la pointe de ton pinceau ne doit pas être plus large que le trait que tu veux peindre.
Tu peux à présent peindre chaque détail de l'oiseau, en avançant de la tête vers la queue, par exemple, comme je le fais ici. Laisse bien sécher entre deux couleurs, sinon tu vas avoir des mélanges dont tu ne voulais pas.


le résultat !
Voici mon dessin du pouillot terminé ! J'ai appliqué pour la végétation la même méthode que pour l'oiseau : sous-couche à la peinture diluée et détails au pinceau fin plus "sec". Remarque bien que plus un élément du décor est loin, plus il est flou (comme sur une photo). Pour faire l'effet de flou, j'ai fait comme pour l'arrière plan : j'ai dilué un peu plus la peinture, par exemple pour peindre les fleurs à gauche et à droite de la tête du pouillot.

Voilà, à toi de jouer ! Sois patient, aie confiance et tu feras des merveilles.